Nextaris et Yahoo 360, des bouquets de services en ligne pour gérer son information personnelle

OutilsGestionInformationPersonnelle – OutilsVeille
– OutilsKnowledgeWorker – RessourcesKnowledgeManagement –
RessourcesOutilsFroids – RessourcesInformationLiteracy
 
Deux innovations que je qualifierai de "bouquets de
services en ligne" destinés à l’internaute lambda viennent de voir le jour en
une semaine.
Je teste Nextaris dans sa phase bêta depuis un bon
moment mais son éditeur Surfwax (excellent moteur de recherche par ailleurs)
vient d’annoncer que la plateforme était maintenant en version
finale.
Comment qualifier Nextaris au vu des
fonctionnalités dont il regorge? Allons au plus simple, Nextaris est d’abord un
espace de stockage en ligne accessible à partir d’un login et d’un mot de passe.
Comme en disant cela je ne dis rien voici un schéma qui vous présentera mieux
que toutes mes explications les 3 besoins principaux auxquels répond Nextaris, à
savoir : rechercher de l’information, la stocker, la
communiquer/distribuer/partager avec vos réseaux/proches,…


Je suis surpris de voir cette offre tout public
répondre aussi bien à certaines problématiques professionnelles que connaissent
les veilleurs. Hormis ses capacités de stockage un peu limitées de très nombreux
besoins sont adressés par Nextaris afin de permettre à chacun de mettre en
place une "veille domestique".
Je ne peux m’empêcher de rapprocher cette
initiative d’un article vers lequel je pointais récemment, qui montrait que la
veille tendait à devenir, au moins dans ses basiques, une compétence de plus en
plus banalisée, une composante de l’"information literacy" de mieux en mieux
maîtrisée.
On assiste à un rapprochement entre besoins et
outils donnant corps au concept de PersonalKnowledgeManagement". Cet ensemble
de pratiques que j’étudie et défends depuis 4 ans trouve en ce moment sa place
sans passer par le monde de l’entreprise. Je pense d’ailleurs qu’il s’imposera à
lui par la pression des employés (effet bottom-up). En effet, avec internet tout le monde est
amené à travailler avec des monceaux d’information, y compris (et de plus en
plus) dans sa vie privée. On apprend à y gérer une multitude de données de
formats variés nécessitant des outils logiciels appropriés,
rarement les mêmes.
Ainsi dans une même séance de surf on
peut:
  • télécharger de la musique
  • faire une recherche sur Google
  • tchater avec ses amis
  • envoyer et recevoir des emails
  • uploader ses photos sur Flickr
  • copier des pages intéressantes
  • bloguer
Mine de rien ces activités demandent une somme de
compétences qui est en train de devenir le b.a.ba informatique des ados nés fin
80 début 90. Leur démarche de veille domestique, même si elle s’applique
au dernier hit de Sum41 téléchargeable gratuitement sur réseau P2P est intégrée
comme une simple démarche de bon sens. Je veux, je veille,
j’obtiens.
Ils acquierent ainsi au quotidien des compétences
qui sont le pendant de celles dont ont (auront) besoin les travailleurs de l’information
dans leurs organisations. Seul le sujet auquel elles s’appliquent est différent.
Et je ne parle pas des compétences nécessaires à l’usage d’un camera phone ou
d’un baladeur MP3. Rien de compliqué certes mais beaucoup de temps passé
(rappelez-vous le temps qu’il vous a fallu pour maîtriser 50% des capacités
de ce petit bijoux d’appareil photo numérique dernier cri).
Pour nombre d’entre eux la gestion des données
personnelles n’est pas perçu comme une compétence mais juste comme un ensemble
d’activités quotidiennes prosaïques.
Comment leur expliquera-t’on dans quelques années
que les outils pour collaborer facilement en temps réel avec d’autres
internautes (icq), capitaliser de l’information ou la gérer ne sont pas
disponibles dans le cadre de leur travail parce qu’ils
n’ont pas été homologués par la DSI, ou encore que la politique de
sécurité la plus élémentaire interdit de télécharger soi-même le logiciel dont on souhaite se servir parce qu’on le maîtrise depuis des années. Ce sera un peu comme
d’installer Michaël Schumacher au volant d’une 4L en lui demandant d’être aussi
performant que d’habitude.
Avec cette banalisation des compétences propres à
la maîtrise des phases du cycle de l’information on peut légitimement se poser
des questions sur
la pérennité du métier de
veilleur? Personnellement je pense qu’à condition de conserver comme coeur de
compétence l’analyse et l’organisation de l’information, seule partie sur
laquelle il peuvent se démarquer en apportant de la valeur ajoutée, il y aura
toujours besoin de veilleurs.
 
Passons à Yahoo qui propose un service
(ouvert seulement à quelques heureux beta-testeurs) dont les fonctionnalités
sont un peu différentes mais dont l’esprit est le même à mon sens. Le nom de ce
bouquet est Yahoo 360. Il se compose de 7 services différents, tous
centrés autour du partage et de la communication. Avec ce service vous pourrez
créer votre blog, votre moblog, votre album photo, vos listes (livres, musique,
films,…). Vous pourrez aussi donner votre avis sur des services locaux
(restaurants, commerces,…), ou proposer les radios que vous écoutez à travers
Yahoo! music stations. Un service intitulé baptisé Blast me laisse pour
l’instant perplexe mais je pense qu’il s’agit plus ou moins d’un chat en ligne.
A vérifier tout de même.
Tous ses services viennent s’ajouter à la longue
liste de ceux déjà disponibles à partir de votre "passeport" (email, My Yahoo,
Groupes, stockage,…) et font de Yahoo une véritable plateforme de gestion des
connaissances personnelles. Il y manque encore à mon sens une page intermédiaire
d’accès aux différents services auxquels vous avez souscrit. Il y a bien My
Yahoo mais à ma connaissance il ne prend pas (encore) en compte certains abonnements
comme l’album photo, l’espace de stockage ou l’email. Il est conçu comme un
espace d’accès à des news personnalisés plutôt que comme une interface de
gestion globale de l’information personnelle.
N’oublions pas non plus d’observer ces bouquets de
service du côté prestataire. Pour Surfwax et surtout pour Yahoo il représentent
une masse énorme d’informations marketing pointues susceptible d’attirer des annonceurs. A ce propos je vous renvoie à un billet datant de février dernier relatant les discussions qui s’étaient tenues entre grands acteurs de la recherche sur Internet lors d’une conférence à la Harvard Business School.

Spread the love
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.