Définir l’intelligence économique, un article de François-Bernard Huygue à ne pas rater.

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Voici un article qu’assez peu d’experts pouvaient écrire tant il nécessite à la fois une connaissance approfondie du sujet et une capacité à prendre de la distance pour mieux le saisir dans sa globalité. Une tâche qui ne pouvait évidemment rebuter François-Bernard Huygue, virtuose de ce genre d’exercice.
Il nous présente dans ce long article une vision à la fois historique, critique et prospective du concept d’intelligence économique que toute personne intéressée par le sujet se doit de prendre en compte. Il faut dire qu’entre barbouzerie, technophilie, sécurité, influence et domaine régalien, le sujet est plutôt insaisissable.
Personellement, l’erreur que j’observe le plus souvent durant les formations à l’intelligence économique que je donne – mais il faut ici parler d’in-formations car former à l’IE en tant que telle est assez utopique –   est l’assimilation directe de l’IE à la veille. En général une rapide présentation des 50 critères de l’AFDIE (1) a vite fait de balayer cette vision restrictive.

Quelques extraits de cet article pour vous donner envie d’aller le lire dans son intégralité :

  • Entre le pôle de la théorie pure et celle des recettes sécuritaires, la géoéconomie et les pratiques quotidiennes, les méchants espions et les gentils managers, le sulfureux et le trivial, loffensif et le défensif, le mondial et le local, la cognition et la persuasion, on sy perd un peu. Surtout quand fleurissent les anglicismes comme knowledge managment, benchmarking, Signal Intelligence, « shapping the globalization » ou les acronymes du genre C3I, C4R à base de computers, command, control, etc.
  • Le mieux serait de considérer que lIE a trois composantes principales : un rapport avec lincertitude (la quête du savoir utile et sa protection,), un rapport avec les autres (lorganisation des communautés et leurs stratégies de lutte et de contrôle) et un rapport avec une instance régulatrice, le politique. Les trois visions ne sont pas séparées mais se recoupent et se conditionnent largement.
  • La vision de léconomie comme manière de produire au mieux des objets et services désirables est surannée : désormais les mécanismes économiques sont dépendants de valeurs culturelles, idéologiques. Par ailleurs, le patriotisme économique nest plus un sujet tabou : en atteste la définition récente par lEtat de dix domaines stratégiques, intérêts vitaux de la Nation.
  • La difficulté dune approche globale de lIE tient aussi à ce grand écart, qui exige une psychologie particulière chez ses pratiquants : il faut gérer des savoirs et comprendre en même temps le rôle fondamental des croyances.

1 – J’ai constaté récemment que le site de l’AFDIE était offline. Pas bon signe et c’est dommage car les travaux de cette association était de grande qualité. Si quelqu’un sait ce qui se passe avec l’AFDIE ça m’intéresse (comme cela intéressera sans doute les lecteurs d’OF).

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