Pourquoi l'intelligence économique est une chimère qui mord ?

Publié le Mercredi 14 Décembre 2011, 11:00 dans Concepts par Christophe Deschamps - Lu 7502 fois. Version imprimable





Régulièrement je me dis que je devrais écrire des articles de fond sur le thème de l'intelligence économique plutôt que des billets renvoyant vers des articles trouvés ici et là. L'IE c'est en effet le moteur de mon activité sur ce blog, et même de mon activité tout court. Pourquoi est-ce que je n'y consacre pas plus de billets depuis 8 ans ? Peut-être parce que l’intelligence économique ne se paye pas de mots, ne se satisfait pas de généralités… Une fois qu'on a dit :
  • qu’elle a à peu près autant de définitions que d'auteurs,
  • qu'elle ne doit pas être confondue avec l'espionnage économique (malgré l'ambiguïté entretenue par nombre d'acteurs du secteur),
  • qu’elle regroupe des pratiques adaptables (pas toutes, pas n’importe comment) à tous types d’entités : PME, grandes entreprises, organisations non-gouvernementales, associations, régions, administrations,...
  • qu’elle recouvre plusieurs dimensions : management, veille, analyse, KM, protection et influence,... 
et bien que dire de plus ?

C'est qu'il faut alors entrer dans les détails, et là on ne parle plus d'intelligence économique mais de chacune des dimensions évoquées ci-dessus et l'on entre alors dans le domaines des spécialistes et des experts. C’est la raison pour laquelle il m'a semblé plus simple d'approcher le sujet par un livre regroupant des expertises. C’était tout simplement le seul support pouvant prétendre à un début d'exhaustivité et je dis bien un début car, du fait des contraintes éditoriales liées à la collection « Boîte à outils », Nicolas Moinet et moi-même avons dû renoncer à une bonne vingtaine d’« outils » (et nous aurions pu en lister bien d’autres).

L'intelligence économique est en train de devenir une discipline universitaire et c’est tant mieux. C’est sans doute par cette sensibilisation que l’on arrivera à lever l’ambiguïté sur ses pratiques et à donner une meilleure compréhension globale de ses objectifs. Le risque serait toutefois de lui faire subir un traitement trop académique, c'est-à-dire de la disséquer (comme nous l’avons fait dans le livre) sans prendre le temps de remettre en place les morceaux et d’en montrer la dynamique (comme nous avons tenté de le faire dans le livre).

La question centrale est classique, c’est celle de la relation du tout aux parties : soit on considère que l'IE ce n'est finalement que de la veille + du marketing stratégique + du lobbying +... et qu'on peut finalement traiter chaque partie indépendamment du tout. Soit l'on considère que la somme des parties est supérieure au tout. Le fait est qu'il n'y a pas une vérité sur la question mais des décisions en acte. Des décisions et donc des décideurs prêt à prendre des risques pour améliorer les performances de leur organisation, trouver de nouveaux leviers de différenciation d’avec la concurrence, innover,…
Le décideur qui décide que l'IE doit exister va donc :
  • tenter de mettre son organisation en intelligence avec son environnement (veille, influence)
  • faire en sorte qu’elle œuvre en bonne intelligence avec ses clients/usagers/partenaires et pourquoi pas, concurrents (coopétition, collaboration, benchmarking)
  • mettre en place les conditions d’émergence de l’intelligence collective en interne (knowledge management)
Résumons : l’intelligence économique c'est une volonté managériale en acte ou bien ça n'existe pas. Et donc, donnons raison à ceux qui disent que ce n’est qu’un assemblage d’éléments préexistants : un tête de lion, un corps de chèvre, une queue en tête de dragon, en un mot une chimère.
Ils ont raison mais oublient une chose : la Chimère, la vraie, a eu une action sur les hommes qui y ont cru. La crainte qu’elle engendrait les a amené à faire des choix : modifier leur route pour l’éviter ou mener des actions héroïques pour la tuer et se couvrir de gloire. A la différence de la Chimère, l’intelligence économique ne fait pas peur ne devrait pas faire peur. Elle partage toutefois un point commun avec elle : elle est un concept opératoire. Vouloir la mettre en œuvre ressort nécessairement d’un choix stratégique. Une fois « implantée » (attention ce n’est pas un projet avec début et fin mais une graine à enraciner) elle va nécessairement modifier les routes stratégiques à prendre et amener l’organisation à se mettre en ordre de bataille pour atteindre ses nouveaux objectifs. Elle est donc nécessairement le fruit d’une vision, individuelle ou collective, amenant à un choix initial qui tirera le reste. Comme tout projet humain un tant soit peu ambitieux, elle est une provocation du réel par l’imaginaire, du présent par le futur tel qu’on veut le voir advenir ; l’intendance suivra.

La chimère intelligence économique devient plus qu’un assemblage de morceaux dès lors qu’une volonté découlant d'une vision lui donne vie. C’est une chimère en prise sur le réel, une chimère qui mord.

Le livre blanc de l'entreprise 2.0 en anglais

Publié le Mardi 25 Octobre 2011, 10:25 dans Concepts par Christophe Deschamps - Lu 4347 fois. Version imprimable

Comme vous avez pu le constater, les publications sur Outils Froids sont (étaient) au point mort depuis mai dernier. Rassurez-vous, ce n'est pas l'envie qui manque à l'auteur, mais bel et bien le temps et la gestion des priorités. Un surplus d'occupation ces derniers mois, en grande partie dû à un projet de livre, trouvera sous peu sa conclusion, où plutôt son départ...

Toujours est-il que, ce qui est rare étant cher, je reprends mon clavier pour évoquer un projet qui me tient à coeur : "Le livre blanc sur l'entreprise 2.0". Ce document de 115 pages coordonné par Anthony Poncier (@aponcier sur Twitter), publié il y a 10 mois et fruit du travail d'une vingtaine d'auteurs, vient d'être traduit intégralement en anglais grâce au travail de la société Linguaspirit sous le titre : Enterprise 2.0, French touch. L'occasion de montrer que les froggies sont très loin d'être des suiveurs sur le sujet (mais vous le savez si vous lisez mon autre blog since ... 2009).
N'hésitez pas à relayer le message sur vos réseaux, encore plus s'ils sont anglophones :-)

Et merci Anthony pour ce travail de longue haleine :-)

Une veille de qualité à partir d'outils gratuits est-elle possible? Et si oui, comment?

Publié le Dimanche 15 Mai 2011, 11:08 dans Concepts par Christophe Deschamps - Lu 18350 fois. Version imprimable


 
Dans le billet qui restera sans doute le plus polémique et donc le plus utile de ce premier semestre pour les professionnels de la veille et de l'intelligence économique, Frédéric Martinet, le "veilleur intraitable" ;-) évoque plusieurs sujets sur lesquels je suis tout à fait d'accord avec lui (voir ici et dans les commentaires), et un avec lequel je ne le suis pas, et ce ne sera une surprise ni pour lui, ni pour vous. Il s'agit bien sûr de ce que l'on peut faire en terme de veille avec des outils gratuits ou peu coûteux. C'est un sujet que je souhaitais aborder depuis longtemps et je rebondis donc sur son billet pour cela.
 
De fait, depuis sept ans où je forme en moyenne entre 80 à 120 veilleurs par an (non-inclus les étudiants) tous secteurs d'activités confondus et autant dans le public que dans le privé, je pense pouvoir dire au doigt mouillé que 80% n'ont pas et n'auront pas à moyen terme, de budget pour investir dans des outils (logiciels, services en ligne) dépassant les 200 euros. On peut certes le regretter, mais vient un moment où il faut simplement faire de la realpolitik d'entreprise, ce qui veut dire faire au mieux avec ce que l'on a. 
 
Ayant moi-même débuté ma carrière de responsable de veille sans budget, j'ai dû très vite apprendre à faire avec les moyens du bord. Fût-un temps où C4U, Wordmapper (dans la version gratuite distribuée avec Veille Mag) et une base de données SQL Server mise en place par un développeur avec qui je m'entendais bien étaient mes meilleurs amis. C'est à la même période que j'ai commencé à écumer le web à la recherche d'outils et services gratuits ou peu chers qui me permettraient d'être plus efficace à tous les niveaux du cycle de la veille, et c'est un peu plus tard que j'ai créé Outils Froids afin de partager mes découvertes. Pas de surprises donc à ce que je considère que la veille n'est clairement pas une question de budget, et je croise tous les jours des veilleurs qui me le prouvent ; mais bien sûr j'en croise aussi qui n'y arrivent pas. Où est le problème? 
Généralement il est simple et se résume à une question de perception que l'on peut synthétiser en ces trois assertions :
  • si c'est gratuit, ce n'est pas important
  • si c'est gratuit ce n'est pas reconnu par ma hiérarchie (et donc ...)
  • si c'est gratuit je ne suis pas forcé de l'utiliser, à la différence d'un outil que l'on aurait payé cher et dont je serais finalement le servant, contraint et forcé...
... et de papilloner de logiciels en services, sans réussir à se fixer sur aucun et à développer ainsi une routine de travail à long terme.

Et pourtant c'est bien là que se trouve la différence : on ne peut faire une veille à partir d'outils gratuits qu'en choisissant les meilleurs et en s'y tenant. Parmi les qualités du veilleur, et plus spécifiquement celles du veilleur désargenté, j'ajouterai donc la ténacité.
 
Je n'hésite pas à dire non plus qu'on peut faire une veille de mauvaise qualité avec des outils coûteux (ce que Frédéric dit d'ailleurs et déplore dans sa réponse à Terry Zimmer que je vous invite à lire). L'un des biais potentiels des solutions payantes est de laisser croire que leur coût assure inévitablement la qualité de leurs résultats, mais surtout, que rien d'important ne peut se passer en dehors de leur champ d'action. Tout est sous contrôle en somme, et l'analogie des clés perdues et du réverbère a encore de beaux jours devant elle.... 
 
J'ai tendance à penser que ce sentiment de sécurité tiré de l'impression que l'outil est exhaustif est une faiblesse dans un métier où l'on doit nécessairement rester en alerte, à scruter en permanence ce qui pour nous fera signal faible. Tout comme j'ai tendance à penser que l'état d'insécurité dans lequel nous maintiennent les outils gratuits est un atout en ce sens qu'il nous pousse à ne pas nous arrêter aux résultats qu'ils nous proposent.
 
A l'heure où l'on apprend que Google n'indexe probablement pas plus de 0.004 % du web et alors que la minuscule portion de ce chiffre que représentent les résultats de nos requêtes est déjà, bien souvent, plus que nous ne pouvons traiter, il est temps de réaffirmer que le travail du veilleur ne repose pas tant sur les solutions techniques qu'il aura mises en oeuvre que sur la qualité des questions qu'il se pose (et pas seulement lui!) et des analyses qu'il tire de l'information qu'il collecte.

La veille stratégique n'a pas pour objectif de dresser des panoramas et des états de l'art mais d'aider à la prise de décision à plus ou moins court terme. En ce sens elle est nécessairement incomplétude et prise de risques. Faire croire en sa rationalisation grâce aux outils n'est que poudre aux yeux et sert avant tout à rassurer les Directions (surtout si ces outils coûtent cher).
 
A une époque je me demandais souvent ce que donnerait un challenge opposant outils de veille payants et gratuits sur une même thématique. En fait la réponse est simple : ce concours ne pourrait tout simplement pas avoir lieu car il faudrait pour cela que chaque veilleur dispose d'un clone dans l'équipe adverse. Les outils ne valent en effet que par la personnalité, les compétences, les connaissances et l'intuition des individus qui s'en servent.
 

3 nouveaux blogs thématiques dans l'Univers Outils Froids

Publié le Dimanche 24 Avril 2011, 11:10 dans Concepts par Christophe Deschamps - Lu 12920 fois. Version imprimable



Le 7 avril dernier je vous annonçais le lancement de l'Univers Outils Froids, un dispositif me permettant de mieux diffuser ma veille via des blogs thématiques et d'en classer les éléments. Après avoir bien travaillé ce week-end voici les 3 (enfin 2 et demi) nouveaux blogs thématiques auxquels vous pouvez dorénavant vous abonner :

  • Sources & contenus - Veille stratégique
  • Sources & contenus - Recherche sur internet
  • Le nouveau management de l'information - Entreprise 2.0 et Réseaux sociaux d'entreprise (RSE) j'ai en effet trouvé plus pertinent de diffuser ma veille sur l'entreprise 2.0 sur le blog de mon livre qui y est consacré plutôt que de créer un nouveau blog.

  • J'ai également mis en ligne le blog central de ce projet qui s'intitule tout simplement Univers Outils Froids et qui a pour vocation de centraliser toute l'information diffusée sur les autres blogs du projet. Il est toutefois en phase test et ne fonctionne pas encore parfaitement.
     
    Par ailleurs, et du fait d'une contrainte technique non-envisagée initialement, le blog consacré à l'intelligence économique, que j'avais présenté comme pilote dans mon dernier billet, à changé d'adresse.
    Vous le trouverez ici : Sources & contenus - Intelligence économique

    Pour mémoire et parce que le billet du 7 avril n'était peut-être pas suffisamment clair, voici un rappel sur les objectifs de ce projet :

    POURQUOI ?

    Les blogs de l'Univers Outils Froids ont pour objectif de permettre la diffusion et la capitalisation d'éléments issus de ma veille quotidienne et qui m'ont parus dignes d'intérêt.
    C'est la continuation par un moyen plus adapté, de l'effort de partage réalisé sur Outils Froids depuis plusieurs années. Les blogs de cet univers ont vocation à remplacer graduellement les Icebergs d'Outils Froids, devenus trop indigestes.
    Cet univers de blogs n'a pas vocation à remplacer Outils Froids, qui est le blog sur lequel je continuerai à diffuser des tests détaillés de logiciels ou  de services en ligne, des articles de fond sur les métiers de la veille et de l'intelligence économique, etc (plus d'infos sur le thématiques abordées sur Outils Froids)

    COMMENT ?
    Les billets publiés le sont automatiquement grâce à la fonction "RSS to blog" native de la plateforme Viabloga
    Les flux RSS sont issus du compte Diigo qui me sert à stocker les éléments découverts durant ma veille.

    Un moteur (colonne de droite des blogs de l'Univers) permet de rechercher dans les billets de blogs en plein-texte. Un second moteur positionné juste sous le premier et réalisé avec Google CSE permet de rechercher dans tout les contenus des blogs de l'Univers Outils Froids.

    Chacun de ces blogs dispose d'un flux RSS sous Feedburner et de sa propre newsletter automatique (colonne de gauche).

    Les billets sont généralement classés selon les catégories suivantes :
    • Sources 
    • Contenus 
      • articles de presse
      • article scientifique
      • billets de blogs
      • listes
      • ...
    • Outils :
      • logiciels
      • service en ligne (SaaS)
    • Thématiques :
      • veille collaborative
      • knowledge management
      • influence
      • social engineering
      • réseaux sociaux d'entreprise
      • ...
    D'autres catégories peuvent apparaître en fonction des spécificités propres à la thématique du blog.

    Les blogs à venir sont :
    • Analyse de l'information issue de la veille
    • PKM
    • Influence
    • ...

    Sommes-nous toujours des Gaulois dans notre rapport à l'information?

    Publié le Lundi 4 Avril 2011, 12:07 dans Concepts par Christophe Deschamps - Lu 9138 fois. Version imprimable



    Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ce texte extrait du chapitre IV de la Guerre des Gaules :
    César, instruit de ces évènements, et redoutant la pusillanimité des Gaulois, car ils changent facilement d'avis et sont presque toujours séduits par ce qui est nouveau, estima qu'il ne devait se reposer sur eux de rien. Il est, en effet, dans les habitudes des Gaulois d'arrêter les voyageurs, même contre leur gré, et de les interroger sur tout ce que chacun d'eux peut savoir ou avoir entendu dire ; dans les villes, la foule entoure les marchands et les oblige à dire de quel pays ils viennent et ce qu'ils y ont appris. Sous le coup de l'émotion que provoquent ces nouvelles ou ces bavardages, il leur arrive souvent de prendre sur les affaires les plus importantes des décisions dont il leur faut incontinent se repentir, car ils accueillent en aveugles des bruits mal-fondés et la plupart de leurs informateurs inventent des réponses conformes à ce qu'ils désirent.
    Si on à l'idée d'envisager l'existence d'un genre d'"âme des peuples" alors on est mal... Les associations d'idées m'amènent d'ailleurs inévitablement à cette planche d'Astérix & Obélix tirée de La grande traversée

    Les outils froids (et chauds) ne sont pas ce que vous croyez!

    Publié le Dimanche 3 Avril 2011, 12:23 dans Concepts par Christophe Deschamps - Lu 9732 fois. Version imprimable


    "Pourquoi avez-vous appellé votre blog "Outils froids"?

    Voilà une question que j'ai entendu des dizaines de fois depuis bientôt 8 ans. Or j'ai vu passer récemment et à plusieurs reprises des utilisations de l'expression "outils froids" qui m'étonnent un peu. On semble penser qu'il s'agit d'un terme existant que j'aurai repris alors qu'il me semble bien l'avoir "inventé". Attention! Il ne s'agit pas ici de m'attribuer la paternité d'un concept qui ne recouvre rien d'aussi précis que ce que j'ai pu lire, mais de dire simplement comment m'est venu l'idée de cette expression et d'expliquer ce que j'y mets.

    Le problème c'est que 8 ans c'est déjà loin et de fait, il y a 2 explications qui se téléscopent dans ma mémoire sans que je puisse dire s'il l'une a précédé l'autre. J'aurai plutôt tendance à parler de conjonction.

    La première : à cette époque, mes "trouvailles" numériques, qu'il s'agisse de nouveaux services ou de nouveaux logiciels, se faisaient essentiellement dans les rubriques intitulées "cool tools" de sites US. Comme vous le savez, "cool" signifie à la fois cool et "frais", mais la traduction littérale "outils frais" ne me plaisait pas. Trop "rayon frais" de supermarché à mon goût.

    Outils froids m'a donc semblé une trahison intéressante, d'autant que je trouvais le téléscopage des deux mots facile à retenir pour ceux que mes billets intéressaient.


    Mc Luhan à la rescousse

    La seconde : à la même époque, je découvrais Marshall Mc Luhan et sa théorie des médias chauds et froids. Tentant de comprendre comment le medium modelait le message, et s'intéressant aux médias de son temps (ses principaux travaux paraissent entre 1960 et 1975), il distinguait ainsi la radio de la télévision.

    Selon lui, la première était un média chaud qui, nous noyant dans un flot d'informations, nous empêchait de nous en extraire pour faire sens de ce que nous entendions et mieux y participer. Le média chaud était donc celui qui permettait de capturer le temps de cerveau disponible de l'auditoire (raccourci de ma part).
    Il voyait au contraire la télévision comme un media froid, c'est à dire moins "captivant" car nous laissant le temps de la réflexion ainsi que des espaces temporels pour participer, s'impliquer. On peut s'étonner à notre époque de cette vision. Depuis longtemps en effet, on est plutôt habitué à entendre qualifier  la TVd'hypnotisante, d'abêtissante, de lénifiante et de tout un tas d'autres mots en fiante ante. Et c'est vrai qu'elle peut l'être mais pas seulement. Si l'outil nous façonne, comme dirait Marshall, il est aussi ce qu'on en fait. Sans doute donc qu'en 1960, la mission civilisatrice et éducative de la télé lui apparaissait comme une évidence.

    Voir par exemple :

    Pour moi, les outils du web étaient froids car ils avaient dès 2003, et ont toujours, la capacité d'aider le travailleur du savoir à maîtriser le flux d'informations qu'il reçoit, c'est à dire notamment, à lui donner du sens. Mais aussi bien évidemment à lui permettre de participer. C'est tout le sens du web 2.0 et des outils collaboratif, médias sociaux et autres. La grande différence avec l'époque de Mc Luhan est qu'un même outil peut être à la fois chaud ou froid, c'est à dire avoir la capacité de vous noyer comme de vous sortir de l'eau. L'agrégateur de flux RSS est le meilleur ami du veillleur... jusqu'à son retour de vacances.


    Dans notre univers 2.0 (mais franchement ce terme a 7 ans...) les outils sont donc à la fois le problème et la solution.

    Le terme "outils froids", ne désigne donc pas des outils déshumanisés ou déshumanisants. Alors que chaque jour des relations se tissent entre membres de réseaux sociaux (professionnels, ou non, de rencontre, de partage de hobbies,...) qui pour beaucoup ne se sont jamais rencontré "irl", que ces mêmes personnes indiquent en retirer des "bénéfices sociaux" (conseils, avis, astuces, encouragements, ...), il serait simplement absurde de dire l'inverse, et mon livre sur l'entreprise 2.0 ne va d'ailleurs qu'en ce sens. Mais Howard Rheingold l'avait expliqué dès 1993 dans son livre "The Virtual community", et bien mieux que moi encore.


    Outils froids? Maintenant vous savez pourquoi :-)
     

    Iceberg n° 53 : du 3 février au 10 février 2011 (60 services, articles et outils)

    Publié le Jeudi 17 Mars 2011, 15:45 dans Concepts par Christophe Deschamps - Lu 7216 fois. Version imprimable


     

    ICOMTEC - 2011 - veille Mexique, Afrique du Sud et Indonésie - Suite

    Publié le Mardi 15 Mars 2011, 10:06 dans Concepts par Christophe Deschamps - Lu 5531 fois. Version imprimable



    Le groupe de l'ICOMTEC travaillant sur le Mexique vient de lancer ses supports de diffusion en ligne dans le cadre des sujet que j'ai donné à traiter cette année (aide au conseil à l'investissement dans un pays étranger). Au menu :


    Pour rappel voici les supports des deux autres groupes de travail :

    Afrique du sud :

    Indonésie :

    Plus d'articles :

    Nuage de mots-clés des articles