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Archives · janvier 2006 · Concepts

Web 2.0, de quoi parle t-on?

Par Christophe Deschamps · 4 janvier 2006

Ce texte a été publié le 4 janvier 2006. Il est conservé tel quel dans les archives d’Outils Froids : certains liens, outils et informations peuvent ne plus être d’actualité.

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Ci-dessous un article rédigé pour le numéro de Veille Magazine de novembre 2005

On sent bien depuis
quelques mois quil se passe quelquechose sur le web.
Alors que le format
Rss simplifie la surveillance de pages web, que le nombre de blogs et de wikis
explose et que le networking en ligne se banalise, on se met à employer
machinalement des outils de labelisation (tagging) pour enregistrer ses url et
les partager avec dautres, tout cela en utilisant des interfaces « agréables
au toucher » permettant la manipulation des données dune page web par de simples
glisser-déposer et ne nécessitant pas dêtre rechargées à chaque nouveau clic.
Comme tout ça nest
pas orchestré par un organisme unique, entreprise ou consortium, il est
difficile de mettre un nom dessus. Dailleurs se passe t-il vraiment
quelquechose ? Nest-ce pas quune impression très subjective daccumulation
de petites nouveautés hétéroclites et sans cohérence, fruits du travail
solitaire de quelques informaticiens en mal de reconnaissance ?
Pas si simple.
Quand fin septembre
2005 Tim OReilly, éditeur spécialisé en technologies internet et organisateur de
séminaires réputés dans toute la sphère des développeurs informatiques, écrit
un article présentant la conférence Web 2.0, il est loin de penser que ce titre
va devenir en quelques jours létendard de ceux qui voient une révolution en
marche sur le web.
Cette conférence qui
a pour objectif de mettre en avant les technologies et services émergents du
web a été tenue une première fois en septembre 2004 sans donner lieu à un tel
engouement. A croire quen un an les choses ont suffisament évoluées pour quil
y ait eu cristallisation collective autour de quelques éléments singuliers
caractérisant ce nouveau web.

Venons-en justement à
la définition de ce fameux Web 2.0. Voilà bien la question la plus épineuse et
lun des principaux arguments des opposants à cette terminologie. Car si
certains y voient un terme venant « naturellement » recouvrir une
réalité existante dautres, souvent des informaticiens, ny voient quun
nouveau concept marketing générateur dune bulle dont lavenir ne manquera pas
dêtre aussi funeste que celui de la précédente. Ce genre de querelle nest certes
pas neuf, chaque changement de période voit les tenants de la rupture sopposer
à ceux de la continuité et tout cela nest bien souvent quune question de
point de vue, de force de conviction, de maturité du « marché » et
parfois de marketing. Quand Tocqueville en 1856 isole la période de lAncien
Régime dans son ouvrage « LAncien Régime et la Révolution » (1856)
cela semble tellement cohérent que le terme est adopté par les générations
dhistoriens suivantes et quil structure encore lapprentissage de cette
matière dans les universités françaises. Gageons que ce succès destime nétait
sans doute pas le seul recherché par lauteur et que les bénéfices de la vente
de louvrage ne lui étaient pas indifférents.

Plutôt que de donner
une définition formelle du Web 2 .0 tentons donc de le cerner en décrivant
deux services en ligne qui sen réclament et peuvent être utiles au veilleur.

Google Reader et la
réutilisabilité de linformation au format Rss

 Au moment où jécris
Google Reader est le dernier-né de la firme de Mountain View. Il sagit dun agrégateur
en ligne gratuit. Léquivalent de votre messagerie Hotmail mais dédié à la
lecture de fils rss. Il est techniquement et ergonomiquement assez réussi et
permet notamment de hiérarchiser ses fils dinformation en fonction de
limportance quon leur accorde.
Je pourrai aussi vous
parler des logiciels dagrégation à installer sur votre PC, ou encore de la
possibilité dafficher un fil rss en deux temps trois mouvements sur la page
dun intranet. Plus que lagrégateur en tant que tel il faut retenir la
caractéristique de réutilisabilité liée au fomat rss et la possibilité
dafficher un même fil sur des supports très différents ou de mixer des fils
entre eux afin den créer un personnalisé. La caractéristique Web 2.0 à retenir
ici est donc celle de la réutilisabilité.

 del.icio.us et les
taxonomies populaires (folksonomies)

del.icio.us est un
service gratuit dont le succès ne se dément pas. Il permet denregistrer des adresses
web dans un espace personnel en ligne et de leur assigner des
« tags », c’est-à-dire des mots-clés les décrivant.
Chaque nouveau lien
créé par un utilisateur est injecté dans un fil rss qui lui est propre et
auquel dautres internautes peuvent sabonner, lui permettant ainsi de
partager ses découvertes numériques. Mais ce nest pas tout. Chaque tag créé
produit également son propre fil rss. Si par exemple vous créez le tag
« moteur » pour enregistrer Google, quun second internaute lutilise
pour enregistrer Exalead et quun troisième sen sert pour marquer lurl du
tout nouveau Previewseek, un quatrième larron pourra sabonner au fil rss
intitulé « moteur », bénéficier ainsi des découvertes des trois
premiers et lenrichir à son tour.
Pour désigner ce
système de classification et de partage de linformation on a inventé le terme
de « folksonomie », téléscopage de langlais « folk » (les
gens) et de taxonomie. Cest certes un peu fruste par rapport à une classification
de Dewey mais très efficace pour se tenir au courant des dernières nouveautés.
Ce quil faut
retenir de del.icio.us? Plusieurs choses. Tout dabord de nouvelles manières de découvrir
linformation
en utilisant ce que daucuns qualifient déjà dintelligence
collective et qui est au minimum la création dune immense cartographie collaborative
du web par et pour ses utilisateurs. Ensuite la place faite à lindividu. Dans
le Web 2.0 linternaute est aussi un acteur du web, il contribue à le faire
exister pour mieux sen servir et cela tout en restant identifiable. Le
phénomène est dailleurs identique pour les blogs qui grâce à certaines
fonctionnalités spécifiques (signature automatique, trackback, permalien,
archivage automatique) permettent la valorisation
de lindividu en réseau
.

 
Réutilisabilité de linformation, nouvelles
manières de la découvrir
et valorisation
de lindividu dans son réseau
auxquelles vous ajoutez Ajax et Ruby on Rails,
deux langages de programmation améliorant sensiblement lergonomie dune page
web, et vous disposez maintenant dune bonne vision de lévolution en cours désignée par le sigle Web 2.0



Ressources
complémentaires :

Services Web 2.0 pour
veilleurs