Lancée fin mai 2026 par le média rationaliste Les Électrons libres, Céleste est une IA propulsée par le modèle français Mistral, qu’on interpelle sur X (@moniaceleste) et qui répond par une synthèse sourcée (Our World in Data, articles des chercheurs du média) sur le nucléaire, les OGM ou l’agriculture de précision. La tribune examine l’objection d’un « ministère de la Vérité à capital privé » et y répond par une distinction : la science est le seul discours qui accepte d’être réfuté, et le sérieux d’un vérificateur tient à ce qu’il expose à la contradiction, non à sa neutralité.
S’appuyant sur Not Born Yesterday d’Hugo Mercier (influencer les gens n’est pas « trop facile » mais « trop difficile »), l’auteur voit dans un outil de vérification accessible à tous un moyen de traiter le public en citoyen de plein droit et de rendre le mensonge perdant, l’IA permettant à quiconque doute de réfuter une erreur sans équipe de fact-checkers. Rien n’est acquis : les mêmes modèles fabriquent le faux à coût nul, et seule la pluralité des machines, la transparence de leurs sources et le jugement de l’utilisateur protègent d’un arbitre unique, avec la devise de la Royal Society, « Nullius in verba », pour boussole. Tribune libre parue dans Veille Magazine.