Formé à l’intelligence économique il y a 22 ans, l’auteur rappelle la définition du signal faible par Ansoff et McDonnel et relaie les doutes de Camille Alloing et Nicolas Moinet (article d’octobre 2017) et de Philippe Silberzahn : les signaux faibles n’ont pas permis d’anticiper les attentats de Paris, Pearl Harbor montre qu’on écarte ce qu’on juge impossible, et ils peuvent servir à tromper l’adversaire. L’obstacle principal est humain : il faut une « volonté de voir » (d’où « signe faible », plus juste que « signal »), les biais individuels (juridictionnel, progressiste, de familiarité, de contextualité) et l’attention limitée des analystes s’en mêlent, et une organisation peut être incapable de penser l’impensable.
Côté solutions, il retient le conseil de Silberzahn de multiplier les hypothèses (Peter Drucker : on commence par des hypothèses), y ajoute les moins envisageables, par l’approche empathique de la Red Team, et prolonge Alloing et Moinet (produire DES sens plutôt que DU sens) par la construction d’une réalité partagée : négocier avec analystes, veilleurs, experts et décideurs une vision commune de l’environnement. Il termine par des lectures, dont l’article de 2016 « Les signaux faibles : du mythe à la mystification ». Texte à lire sur Outils Froids.