Le billet rapproche faits alternatifs et deep fakes. Les premiers, formule de Kellyanne Conway défendant les chiffres de la foule à l’investiture du président Trump avancés par Sean Spicer, sont pour l’auteur des mensonges assumés comme matériau d’argumentation, qui réécrivent le passé immédiat en quasi temps réel. Les seconds apparaissent à l’automne 2017 avec des vidéos pornographiques d’actrices partagées sur Reddit, réalisées avec des outils de deep learning comme FakeApp ou inspirés de Face2face. L’auteur en tire de nouvelles compétences pour les veilleurs et analystes (outils de détection à intégrer aux plateformes de veille), cite le programme de la DARPA et anticipe une « deep fake reality » générée en même temps qu’elle est énoncée.
Il prolonge un texte de 2006 publié sur ZDNet sur l’individualisation de la recherche sur internet, qui annonçait les bulles de filtres : avec la réalité augmentée (casques, lunettes, lentilles, implants) et les artefacts des GAFA, il redoute que chacun vive dans sa propre réalité alternative, permanente, où discours et visages sont remodelés à son goût, au point de ne plus distinguer ses interactions de l’injonction externe : une aliénation « soft » car consentie. Il conclut par une citation de Philip K. Dick. Texte à lire sur Outils Froids.