À partir d’un post de l’entrepreneur Brivael (@BrivaelFr), qui a fait 45 millions de vues le 5 avril 2026 en affirmant que X devient le premier média de l’espèce humaine, la tribune juge la formule outrancière mais le diagnostic précis : entre 557 et 600 millions d’utilisateurs actifs mensuels, 74 millions au Japon, première place de la catégorie « Actualités » de l’App Store dans plusieurs pays (classement que l’auteur relativise, Twitter ayant changé de catégorie en 2016). Ce qui s’effondre, écrit-il, n’est pas « les médias » mais le monopole narratif que conférait l’ignorance géographique des audiences, dernier verrou que la traduction instantanée par l’IA a fait sauter.
L’auteur lance une hypothèse à rebours du discours sur la post-vérité : le mensonge ne devient pas plus facile à fabriquer, il devient coûteux à tenir dans la durée, une note de communauté, même tardive (quinze heures en moyenne), restant attachée au message initial. Il décrit le dispositif (97,5 % d’exactitude dans une étude de l’université de Californie, republications divisées par deux, accord exigé entre contributeurs de points de vue divergents), puis la tech qui bâtit ses propres médias, la liberté d’expression comme infrastructure que redoutent les régimes qui coupent le réseau et, en Europe, la sur-modération que peut induire le DSA. Aucune plateforme n’est le « média de l’Espèce » : ce sont des autoroutes de l’attention à péages algorithmiques. Tribune libre parue dans Veille Magazine.