Outils Froids

Parce qu’un jour sans veille est un jour sans lendemain.

Trois heures pour fabriquer un CRM à la main… et à ma main

Par Christophe Deschamps · 18 octobre 2026 · 3 min de lecture

En trois heures de travail avec Claude, je dispose d’un CRM entièrement pensé pour mon activité de consultant. Je n’en ai pas écrit une ligne, me contentant de décrire ce que je voulais, de corriger ce qui clochait et de trancher quand il le fallait. C’est ce que l’on appelle du « vibe coding », et cela change la condition du travailleur du savoir (encore plus s’il travaille en indépendant), qui peut désormais se doter en quelques heures d’outils dont il n’osait même pas rêver avant l’arrivée des LLM.

On y trouve une vue « Aujourd’hui » (relances en retard, actions de la semaine), un tableau des étapes commerciales en mode kanban, des fiches où je garde trace des échanges, etc.

Et surtout un assistant conversationnel intégré. Je lui dis « j’ai eu untel au téléphone, il me rappelle dans quinze jours » et il note l’échange, fait avancer le dossier puis programme la relance. Il parcourt aussi ma messagerie, connectée via MCP, rattache chaque courriel à la bonne fiche et repère les réponses qui appellent une suite.

Côté déploiement, rien à héberger ni à louer, puisqu’un petit serveur local tourne sur mon PC, que l’interface tient dans une page qui fonctionne hors connexion et que les données dorment dans un simple fichier, sauvegardé chaque jour. Le coût ? Rien de plus, l’assistant passant par l’abonnement Claude que je payais déjà. Le code est sur mon disque dur, et chaque modification faite par l’IA est consignée avec sa provenance.

Rien d’improvisé pour autant. Ce CRM reprend la grammaire éprouvée de ceux du marché (étapes, prochaine action datée, recherche au clavier) sans leur lourdeur : ni automatisation marketing, ni notation des prospects, ni prévisions de ventes pour un directeur commercial que je n’ai pas. Les meilleures pratiques de l’existant, filtrées sur mon usage réel.

Le philosophe Ivan Illich appelait « conviviaux » les outils qui élargissent l’autonomie de celui qui s’en sert au lieu de le plier à leur logique. Un CRM vendu sur abonnement impose à l’utilisateur ses champs, ses étapes et son vocabulaire, conçus pour des milliers de clients. Le mien, à l’inverse, épouse ma façon de travailler et s’ajuste dès que je le demande.

Toutefois, ne nous racontons pas d’histoires. Je ne relis pas les 2 800 lignes de code produites, mais je teste le CRM. La maintenance m’incombe aussi, jusqu’à composer avec mon antivirus, qui a pris le démarrage automatique du serveur pour une attaque et effacé un fichier. Quant à la liberté gagnée sur les éditeurs, elle se paie d’une dépendance nouvelle envers le fournisseur du modèle, et un LLM open source pourrait bien être la prochaine étape. L’autonomie consiste moins à supprimer les dépendances qu’à choisir celles que l’on assume.

Savoir exactement ce dont on a besoin puis le formuler compte aujourd’hui plus que savoir coder.

Et vous, quel outil construiriez-vous, s’il vous suffisait de le décrire ?

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