L’article part d’une chronologie du knowledge management (Drucker en 1959, Sveiby en 1987, Wenger en 1988, Senge en 1994, Nonaka et Takeuchi en 1995, le concept de Ba en 1996) pour dresser le bilan d’une discipline de dix ans, appuyé sur une étude de l’Economist Intelligence Unit auprès de 122 cadres européens : malgré les outils, ils peinent toujours à trouver l’information juste, faute de priorité, de précision, et à cause de sa masse. L’auteur y voit l’oubli d’une dimension, la dimension personnelle : démarches descendantes, focalisation sur l’outil, temps d’appropriation sous-estimé.
Pourtant les pionniers l’avaient posée : la maîtrise personnelle chez Senge, la « personal responsibility for knowledge » de l’APQC en 1996, Drucker en 2000 (gérer la connaissance, c’est se gérer soi-même). Quelques chercheurs et consultants en ont tiré le personal knowledge management, que Steve Barth définit comme des techniques et outils simples et peu coûteux pour acquérir, créer et partager la connaissance, étendre son réseau et collaborer sans dépendre des ressources de son employeur. L’auteur le transpose à l’échelle individuelle en trois champs (informations et connaissances, compétences, réseau) plus un quatrième, transversal : les tâches, donc le temps.