Deux ans après un billet sur la nécessité de gérer individuellement son attention, l’auteur y revient à partir de deux champs éloignés : les sciences cognitives et le bouddhisme. Il retrace les rencontres « Science et bouddhisme » du Mind & Life Institute, fondé par Francisco Varela, avec le dalaï-lama puis Matthieu Ricard, et les expériences menées sur des moines expérimentés par Richard Davidson : effets sur le système immunitaire, l’anxiété, la dépression, ondes gamma plus élevées chez les plus anciens méditants. Il en retient que l’entraînement mental façonne l’esprit, et signale le dix-huitième colloque du Mind & Life Institute, consacré à l’attention, la mémoire et l’esprit.
Il relie ce thème à celui de l’efficacité personnelle face aux technologies : gérer son attention, c’est choisir comment on dispose de son temps. Ne pas la maîtriser restreint ce que la vie peut apporter. Faute d’outil à proposer, il constate des parcours cohérents : Peter Senge, héraut de la « maîtrise personnelle », pratique la méditation bouddhiste, et David Allen a emprunté au zen sa maxime « mind like water ». Il se demande si s’organiser n’amène pas à la question du sens, si le pouvoir hypnotisant du web et son stress sont nocifs, et si le web finira par sécréter son propre antidote, une méditation en action.