Les travailleurs du savoir sont mal équipés, dit l’auteur, d’abord par manque d’accès aux outils, fruit d’une vieille bataille entre directions informatiques et utilisateurs : 90 % de ceux qu’il rencontre en formation ne peuvent pas installer de logiciel. Les outils 2.0 permettent ce qu’il appelle « le temps de l’individualisme collectif », où ce que l’on fait pour soi (des favoris sur Delicious) est mis à disposition des autres, comme la « main invisible » d’Adam Smith. Il aborde la mobilité et le télétravail (la France est un pays de culture du contrôle), les effets du trop-plein d’information sur la santé (stress, insomnie, addiction) et le bilan du KM, dont le modèle SECI de Nonaka et Takeuchi a été sorti de son contexte japonais : le KM est huitième sur vingt-cinq des outils de management, vingt-deuxième pour la satisfaction (Bain).
Il juge la génération Y à l’aise avec les outils sociaux, beaucoup moins avec la recherche avancée et la vérification de l’information. Twitter, ou Yammer en entreprise, apporte la permanence du contact et sert de ciment aux autres outils 2.0. Une entreprise 2.0 n’est pas forcément moins hiérarchisée, mais l’information y circule plus vite, d’où une organisation apprenante. Sa trajectoire de la veille vers le management de l’information est logique : une veille non partagée n’a pas de sens.