L’article rappelle que le KM n’a pas tenu ses promesses : sous la pression d’éditeurs pressés de vendre du logiciel, on a oublié que la connaissance est dans la tête des employés et seulement là, et qu’il faut la repérer, se l’approprier, puis la mettre en action. Les outils venus du web, souvent créés par des développeurs solitaires pour leurs propres besoins (les wikis de Ward Cunningham, Delicious), changent la donne. À la différence des outils de première génération, centrés sur le document et le groupe, les réseaux sociaux d’entreprise partent de l’individu, dont chaque action est rattachée au profil, et servent à la fois ses besoins personnels et sa collaboration, car collaborer pour collaborer n’est pas un objectif.
L’auteur prévoit que les prochaines briques seront des applications de traitement automatique du langage pour exploiter ces conversations. Sa thèse : l’entreprise 2.0 signe l’arrêt de mort du KM tel qu’on le concevait. Plus personne ne fera du KM, le système capitalisera, classera, indexera et signalera. Il en tire que nos systèmes n’ont jamais géré de connaissance, et que la question se dissout. Restent deux « machines » à gérer : celle qui produit, avec ses documents formels et son archivage, et celle qui innove, qui vit de conversations et ne supporte pas la standardisation.