Quatre ans après son article de 2005, l’auteur se demande ce que le web 2.0 a vraiment changé, à partir de deux innovations. Le RSS, « grammaire » à maîtriser, d’usage simple parce que ces outils ont souvent été créés par des développeurs pour leurs propres besoins (le wiki de Ward Cunningham, Delicious de Joshua Schachter). Le crowdsourcing (terme de Jeff Howe et Mark Robinson, 2006), où le grand nombre d’utilisateurs fait émerger une valeur, explicite (la traduction automatique de Google) ou implicite (les recommandations d’Amazon).
Premières conséquences : données et moteurs se fragmentent en silos (Scribd, services de partage de fichiers), l’exhaustivité s’éloigne et aucun outil ne permet de l’atteindre, d’où une posture paradoxale : veille permanente sur les services et les moteurs, et deuil d’une exhaustivité inatteignable. Suivent la démocratisation de la veille, la veille sociale et en temps réel, l’analyse statistique et la modélisation prédictive (cartographie des flux de l’auteur par Bscopes), puis l’analyse collaborative dans les organisations, avec les plateformes inspirées du 2.0 et Intellipedia, lancée en 2007 par le renseignement américain. Réponse : oui, en profondeur et pour longtemps.