À l’automne 2005, l’article tente de nommer ce qui se passe sur le web : RSS qui simplifie la surveillance, explosion des blogs et des wikis, réseautage en ligne, étiquetage pour enregistrer et partager des adresses, interfaces que l’on manipule sans recharger la page. Tim O’Reilly vient de présenter sa conférence « Web 2.0 » (tenue une première fois en 2004 sans engouement) et le terme est contesté : concept marketing pour les uns, réalité qui mérite un nom pour les autres. L’auteur rapproche la querelle de Tocqueville isolant l’Ancien Régime, et renonce à une définition formelle.
Il cerne le web 2.0 par deux services utiles au veilleur. Google Reader, agrégateur en ligne tout juste lancé, illustre la réutilisabilité de l’information au format RSS (un même fil sur des supports différents, des fils mixés). Del.icio.us, où chaque mot-clé produit son flux et fonde une « folksonomie », dessine une cartographie collaborative du web qui donne aussi sa place à l’individu, comme les blogs. Réutilisabilité, nouvelles manières de découvrir l’information, valorisation de l’individu en réseau, auxquelles s’ajoutent Ajax et Ruby on Rails : voilà l’évolution en cours. Des listes de services pour veilleurs concluent.