L’article s’ouvre sur un tour de passe-passe : un extrait qui sonne comme l’argumentaire d’un éditeur de réseau social d’entreprise est tiré du rapport Martre de 1994, qui rappelait que les capacités de comprendre et de savoir se diffusent de façon informelle et que le responsable de veille devait d’abord compter sur ses « capteurs » humains. Depuis, internet a pris trois places : outil d’influence, source d’information pour la veille, et protocole des intranets menant vers l’entreprise apprenante. Ce dernier axe évolue vite avec les réseaux sociaux d’entreprise, qui ont, en 2010, absorbé blogs, wikis et micro-blogging.
Venus du web 2.0 et non des éditeurs de logiciels d’entreprise, ces outils servent d’abord l’ego de l’individu, ce qui est une chance, car nul ne collabore pour le plaisir de collaborer. Ils évitent la duplication de l’information et deviennent les réceptacles de l’informel : ils signent l’arrêt de mort du KM tel qu’on le concevait. Chaque employé peut y partager sa veille ; le responsable de veille doit prendre l’initiative ou s’y rattacher, et renouer avec l’animation de réseaux de capteurs humains, un community management tourné vers l’interne. Condition : des individus qui jouent le jeu, une animation et un management très humains. Collaboratif et contrainte ne feront jamais bon ménage.