Réagissant à un article d’Olivier Le Deuff sur les folksonomies et à une remarque de Louis Rosenfeld (elles chercheraient moins bien que des vocabulaires contrôlés), l’auteur juge la comparaison non pertinente : folksonomies et taxinomies n’appartiennent pas à la même dimension temporelle. Les favoris classiques, jadis calqués sur Dewey et véritable trésor de guerre du veilleur, sont tués par la multiplication des services et du temps de connexion : on est passé d’une activité séquentielle à une activité en flux, où les métadonnées comptent plus que les pages, et que l’on retrouve « si nécessaire », c’est-à-dire presque jamais, une nouvelle recherche dans Google étant souvent plus rapide.
Les folksonomies ont une fonction « analgésique », rassurante dans un univers mouvant, mais leur richesse n’est pas dans l’usage individuel : elle est dans les flux qu’elles génèrent et mettent en commun (Pierre Lévy sur l’objet que tous se transmettent). La question de la conservation reste ouverte (120 000 blogs créés par jour, dont 55 % disparaissent en trois mois selon Technorati). L’auteur anticipe des outils de traitement automatique du langage, de classification à facettes, d’ontologies automatiques et de cartographie pour naviguer dans ces « mini-webs » individuels, et des services plus complets que les précédents sans les renier.