Le billet répond à une question que l’auteur disait avoir entendue des dizaines de fois en presque huit ans : pourquoi « outils froids » ? Deux explications se télescopent dans sa mémoire, sans qu’il sache laquelle a précédé l’autre. La première est linguistique : ses trouvailles venaient alors des rubriques « cool tools » de sites américains, et « outils frais » lui évoquait trop un rayon de supermarché, d’où « froids », trahison facile à retenir. La seconde vient de Marshall McLuhan et de sa distinction entre médias chauds, qui noient dans un flux et empêchent de faire sens, et médias froids, qui laissent le temps de la réflexion et de la participation.
Pour l’auteur, les outils du web étaient froids dès 2003 parce qu’ils aident le travailleur du savoir à maîtriser le flux qu’il reçoit, à lui donner du sens et à participer. Mais un même outil peut être chaud ou froid, capable de noyer comme de sortir de l’eau : l’agrégateur de flux est « le meilleur ami du veilleur » jusqu’à son retour de vacances. L’expression ne désigne donc pas des outils déshumanisés (Howard Rheingold l’avait montré dès 1993 dans The Virtual Community), et l’auteur ne revendique que la formule, qu’il croit avoir inventée.