L’article présente des services américains alors au centre des discussions (Friendster, Ryze, LinkedIn, Visible Path, Spoke, Plaxo), simple moyen d’aider les internautes à se structurer en réseaux. Ce qui distingue ces « logiciels de réseaux sociaux », c’est qu’ils reposent sur l’idée dynamique de réseau, celle des six degrés de séparation de Stanley Milgram (1967), et non sur celle de communauté d’intérêt. Deux modèles s’opposent : le « bottom-up » (Friendster, Ryze, LinkedIn), où l’utilisateur crée son profil et invite ses relations, et le « top-down » (Visible Path, Spoke, Plaxo), déployé dans l’entreprise, où un logiciel analyse les carnets d’adresses de chaque employé pour alimenter une base centrale.
Les deux ont leurs freins : une entreprise perd de la visibilité sur les contacts de ses commerciaux, dont le carnet d’adresses est le patrimoine, et les contacts forcés valent moins que les contacts volontaires. L’auteur imagine leur complémentarité (le « top-down » pour savoir à qui vendre quoi, le « bottom-up » pour savoir comment), et pressent l’arrivée de FOAF (friend of a friend), format XML où chacun décrit lui-même ses relations sur son site. Pour les veilleurs, ces services rouvrent la voie du renseignement humain, à condition qu’ils ne deviennent pas un baromètre de performance : une rencontre virtuelle n’aura jamais la richesse d’une rencontre réelle.