On avait demandé à l’auteur de réfléchir à ce que serait le métier de veilleur dans cinquante ans, et il a répondu par une courte nouvelle. En 2063, Vernor, un « éveilleur », reçoit une alerte mentale signalant une altération de l’environnement qu’il surveille pour une compagnie exploitant des terres rares. Il s’entretient avec Eva, sa « persona », une intelligence artificielle nourrie depuis quinze ans de sa personnalité et de ses besoins, qui devance ses envies, et avec onze autres éveilleurs, dont les personas ont déjà synthétisé la situation en un modèle global : un risque autour d’un site d’extraction en Malaisie, né de la conjonction d’articles de presse locaux, d’une annonce interceptée cherchant des profils techniques parlant le dialecte du cru et d’une hausse d’activité détectée par satellite.
Le signal déclencheur est l’accostage d’un bateau passé par les « zones aveugles », ces régions qui ne produisent pas assez de données pour entrer dans l’économie mondiale et qui sont devenues le repère des bio-conservateurs et des « terroristes éthiques ». Trois éveilleurs émettent des réserves faute d’informations, mais le quorum est atteint, et Eva transmettra la décision au directeur stratégique : « L’info passe, l’action suit ». L’auteur prévient que tout cela sera sans doute dépassé dans cinquante ans, voire vingt-cinq.