Parmi ce que Google pourrait faire des données collectées sur chacun, l’auteur envisage, à la fois excitante et inquiétante, la possibilité de nous doter d’un avatar qui serait une prothèse de nous-mêmes : un assistant personnel avancé qui répondrait automatiquement à certains courriels, gérerait abonnements et alertes sans configuration, entretiendrait le réseau social, proposerait des phrases à notre style, mettrait en relation avec des experts et optimiserait nos trajets. Google dispose de quantités de données nominatives, peut en tirer des probabilités sur nos activités et les comparer à celles de millions d’autres utilisateurs : optimisation et contrôle des comportements de masse et individuels.
Il ne manque presque rien : Google utilise déjà des algorithmes pour suivre et anticiper le travail de ses propres employés, et l’auteur imagine un outil décisionnel orienté vers les individus, descriptif et apprenant. On aboutit à un double numérique, première modélisation, imparfaite et toujours améliorée, de notre cerveau. Même ceux qui n’utilisent pas les services de Google correspondent à des profils issus de l’agrégation de millions d’autres. Google pourrait ainsi réaliser avant 2050, échéance des transhumanistes, une forme de « mind uploading ». L’auteur pose la question : êtes-vous prêt à lui déléguer votre moi numérique et donc votre identité numérique ?