Le billet rebondit sur un article d’Hubert Guillaud (InternetActu) : la masse de données brutes en accès libre, de plus en plus dynamiques, va décupler. Elle fera émerger des individus que l’économiste Ian Ayres appelle dans son livre Super Crunchers : des experts de l’exploration et du mélange de données pour en tirer des signaux faibles et des prédictions, qui remplaceraient l’expertise et l’intuition par des modèles statistiques, comme dans le recrutement du sport professionnel nord-américain. L’auteur pense au contraire que l’intuition sera au cœur de cette activité : part humaine, subjective, créative, elle fera la différence entre bons et mauvais dataminers.
Ce sont des humains qui transformeront les données en informations et en connaissances, qui trouveront les sources à exploiter (d’abord par instinct, selon des chercheurs de Xerox PARC) et imagineront des croisements improbables, comme avec les mashups. Les interfaces de Minority Report donnent une idée de celles de demain, et 2007 en a donné une préfiguration avec Yahoo! Pipes, Swivel, ManyEyes d’IBM et Strata de Kirix, outils de traitement et de visualisation déjà puissants. Après la veille sur internet, le décisionnel, apanage des décideurs de grandes entreprises, deviendra sous une forme simplifiée l’outil de Monsieur Tout-le-Monde : certains métiers devront se réinventer.