Le texte distingue le faux (qui ne suppose pas d’intention), le fake (fabriqué pour tromper) et la manipulation, qui peut s’appuyer sur le vrai ou la demi-vérité et en devient plus crédible et plus difficile à déconstruire. Il retrace ensuite l’émergence des hypertrucages : premiers deepfakes à l’automne 2017, réseaux antagonistes génératifs qui les rendent possibles, passage de simples visages à des corps synthétiques complets et animables, applications grand public d’échange de visages, démonstrations d’Adobe, rachats de Snap dans la réalité augmentée et les voix synthétiques.
Le domaine s’étend alors à toute image (photos de famille, imagerie satellitaire, clichés médicaux), à la voix, au texte et au code, et l’auteur y voit une commoditisation inexorable. Il annonce « un déluge de faux » qui ne vise pas toujours la manipulation, nombre de ces médias synthétiques étant conçus comme des outils créatifs, et s’appuie sur François-Bernard Huyghe (2016) sur la banalisation du travail du faussaire.