Les auteurs nomment « agents-facilitateurs » les internautes qui sélectionnent, qualifient, annotent, éditorialisent et diffusent des contenus à leurs réseaux, au point de pouvoir servir de substituts aux moteurs de recherche et de constituer un filtre humain et social porteur de signes d’alerte précoces. Le cadre théorique s’appuie sur Ansoff (1975, 1984), Humbert Lesca et Sylvie Blanco, et sur une distinction utile entre signal et signe : ce que le veilleur capte relève du signe, qui est dans l’œil du récepteur et échappe à l’émetteur.
Le terrain illustre le propos par des profils Pearltrees et Scoop.it consacrés à l’e-réputation (volume de contenu, abonnés, sources différentes). La conclusion observe que le filtrage technologique entre en concurrence avec le filtrage humain et social : la détection est facilitée, mais les interprétations individuelles se multiplient. Elle plaide pour une approche sociotechnique et s’ouvre sur une question : et si chaque collaborateur était aussi un agent-facilitateur ? Le travail s’inscrit dans la recherche doctorale de Camille Alloing (La Poste Courrier, CEREGE).