La présentation part de la définition de la gouvernance (du grec kubernetes à la cybernétique) pour soutenir qu’une veille stratégique bien gouvernée aide la gouvernance de l’organisation, alors qu’une veille mal gouvernée devient non stratégique et crée des zones d’ombre (« cécité stratégique »). Elle propose des pistes pour l’aligner sur les axes de l’organisation : diagnostic stratégique, accès aux documents et aux personnes, compréhension des besoins informationnels, clarification des rôles (qui formule, collecte, analyse, remonte), service de veille proche de la direction générale, comité de pilotage réunissant les entités demandeuses, veille décentralisée possible si ce comité en suit les axes.
La seconde partie soutient qu’une veille stratégique est nécessairement collaborative. Elle s’appuie sur le modèle « target centric » de Robert M. Clark (2003), conçu pour dépasser trois faiblesses du cycle (analyse difficile, partage insuffisant, besoins des décideurs mal compris), sur trois rôles (donneur d’ordre, veilleur, expert interne) et sur une plateforme assurant communication, coordination et collaboration. Elle cite une enquête d’Archimag de 2019 : la veille collaborative figurait parmi les priorités de 54 % de 300 professionnels de l’information interrogés.