Quatre moteurs pour attaquer la Tagosphère

OutilsRss – OutilsSocialSoftware

Vous trouverez ci-dessous un article paru dans le magazine Netchercheur de novembre 2006 :

« Ne pas rechercher une information lorsquon pense
quelle a déjà été découverte par dautres »
. Ce principe qui devrait être
celui de tout bon Netchercheur est au cur des évolutions du web daujourdhui.
Depuis quelques mois en effet on entend parler de « web social », de
« web 2.0 », de taxonomies populaires (folksonomies), et plus
récemment Daniel Kaplan, de la Fondation Internet Nouvelle Génération (Fing), a
désigné par le terme dEntrenet ces espaces « entre nous » qui se développent
sur le web via une multitude de petites innovations.

Il serait possible daborder ce sujet via de nombreuses
« familles » doutils allant des blogs et wikis aux services de
social networking, en passant par les services de recommandation, ou de partage
de photos, mais c’est de bookmarking social dont je vais traiter aujourdhui. Non pas
des services qui, comme del.icio.us, Blinklist ou Connotea, vous permettent de
stocker et de partager des urls via un fil RSS, mais, de ceux qui permettent dexploiter
au mieux ces derniers.
Car cest une différence de taille avec les moteurs de
recherche classiques : ici chaque URL est décrite, même sommairement, par
des « agents humains »
. Ce faisant, ces services, souvent gratuits,
sont en train de développer ce dont lannuaire Dmoz (et dautres) rêvaient, à
savoir, un immense répertoire du web réalisé par et pour ses utilisateurs.
Concrètement cela se fait grâce à un système individuel de labelisation de
pages baptisé «tagging », qui permet dassigner des mots-clé à une
page web afin de la décrire.

Des outils récents et perfectibles mais déjà exploitables

Pour cela vous pouvez tout simplement vous rendre sur la page
daccueil de chaque service de « bookmarking social », del.icio.us, Blinklist,… et interroger
son moteur de recherche.
Notez dès maintenant un autre différence avec les moteurs de recherche
classiques : ici vous ne lancez pas de requêtes compliquées en
présupposant de combinaisons de mots susceptibles dêtre présentes dans les pages
de résultats. Ce que vous interrogez cest une base des mots-clés/tags que les
utilisateurs ont assigné aux pages découvertes par eux sur le web. Ainsi si
vous cherchez des services de petites annonces en ligne il faudra simplement
taper « annonces » ou « petites_annonces » dans le moteur.
On pourrait penser que cest insuffisant pour obtenir des résultats pertinents
mais cest faux. En effet, ici vous ninterrogez pas les milliards de pages
indexées par les moteurs de recherche, mais quelques milliers de tags
correspondant à des pages sélectionnées et qualifiées en fonction de leur
contenu
.
En résumé, si vous souhaitez lancer une recherche large pour
prendre la mesure dun sujet en laissant une chance à la
« sérendipité » utilisez un moteur classique, si en revanche vous
savez à peu près ce que vous cherchez vous le trouverez bien plus vite en
interrogeant ces services car le bruit y est beaucoup plus faible. On retrouve dailleurs
ici les mêmes arguments qui opposaient il y a quelques années recherche sur les
moteurs et sur les annuaires.

Des métamoteurs pour la tagosphère

Comme toujours sur le web le souci tient à léparpillement
des données. Ainsi lauteur du blog 3spots (http://3spots.blogspot.com) a
recensé plus de 200 services de « bookmarking social ». Pour se
donner le maximum de chances dobtenir des résultats pertinents il
faut donc utiliser de nouveaux outils, qu’on peut qualifier de métamoteurs, pour attaquer la
« tagosphère ».
Ceux-ci interrogeront plusieurs services de bookmarking à la
fois en vous évitant de fastidieuses tâches de navigation et de requêtages
multiples.
Autre avantage de taille, le « tagging » et les
services de bookmarking sont étroitement liés au format rss. Ces métamoteurs
vont donc vous proposer, selon des modalités variées, dagréger le fil rss des
résultats dune recherche. Lavantage est notable puisque vous pourrez ainsi
être informés des futures découvertes des utilisateurs correspondant à
votre requête via votre agrégateur. Vous naurez donc plus à
relancer celle-ci périodiquement, linformation viendra à vous automatiquement!

Tableau comparatif de quatre de ces services :

 

4 critères d’évaluation

  • Sources : nombre
    de services de « bookmarking social » interrogés
  • Requêtage : possibilité
    de chercher des mots composés, possibilité de restreindre la recherche en
    indiquant plusieurs tags. Ces possibilités sont fonction du type de
    requêtes acceptées par les services « primaires » interrogés.
  • Présentation des
    résultats
    : mise en valeur des résultats, envoi dun résultat vers un
    service de bookmarking
  • Diffusion : création dun fil rss par service interrogé, dun fil
    unique de résultats, dun fichier Opml

(désolé pour ce tableau quasi-illisible mais après 4 ans je n’ai toujours pas de solution pour que ça s’affiche correctement dans ce blog, pour info Gutentag obtient 11/20)

 

Keotag http://www.keotag.com/

Tagcentral http://tagcentral.net/

Gutentag http://creative-mobs.com/gutentag/

Tagjag

http://tagjag.com

Nombre de sources

6

3

6

3

5

2,5

+ de 10

5

Requêtage

Mots composés

oui

2,5

oui

2,5

oui

2,5

oui

2,5

Plusieurs tags

oui

2,5

oui

2,5

oui

2,5

oui

2,5

Présentation

Mise en valeur des
résultats

1,5

2

1

2

Envoi dun résultat
vers service bookmarking

0

0

1

0

Diffusion

1 fil rss par service
interrogé

oui

1,5

oui

1,5

non

0

oui

1,5

1 fil rss pour tous
les résultats

non

0

non

0

oui

1,5

oui

1,5

Création dun fichier
Opml

non

MàJ 30/09/07

Oui : 2

0

non

0

màj 13/03/07

2


non

0

oui

2

Note finale

13

13,5

11

17

Conclusion :

Keotag
Cest le dernier-né des moteurs de tags et il est dorigine
française (cocorico !). Simple et clair, il mériterait dêtre pourvu de
fonctionnalités supplémentaires, dont en premier lieu un export en Opml
en plus il est pourvu d’un export en Opml.
Il permet aussi la recherche dans Google, Yahoo, Blogpulse,
Icerocket ou Technorati

Tagcentral
Très clair dans la présentation des résultats il propose
aussi les images trouvées dans Flickr et Smugmug, ce qui peut être loccasion
de découvertes intéressantes (schémas, mindmaps,).

Gutentag
De création française lui aussi, Gutentag mériterait une
présentation de linformation un peu moins austère. Il est en revanche le seul
à permettre lexport direct dun résultat dans un compte del.icio.us ou
Blogmark.
Le mot-clé/requête peut être lancé dans dautres catégories
telles que blogs, photos, podcasts et videos.
Attention, Gutentag ne semble plus être en ligne actuellement

Tagjag
Tagjag est actuellement ce qui se fait de mieux et dépasse
de beaucoup ses concurrents. Il est le seul à proposer dexporter les résultats
au format Opml et dispose de nombreuses autres fonctionnalités :

  • possibilité
    de chercher dans une douzaine de catégories de tags en plus des services
    de « bookmarking social »
  • existence
    dune quinzaine de plugs-in, widgets et autres bookmarklets pour accéder
    au service

De ce test se dégage limpression que cette famille doutils
est vraiment dans sa phase de démarrage, mis à part Tagjag. Il est étonnant par
exemple de constater que seul celui-ci permet de transformer les résultats en
un fichier Opml unique. Lorsquon sait lutilité dune telle fonctionnalité sur
des services comme Kebberfegg ou Monitor This on se sent un peu frustré. On
sattendrait aussi à trouver des fonctionnalités telles que des générateurs de nuages
de tags (tag clouds), susceptibles dêtre affichés sur un site web après récupération
du code, mais ce nest pas le cas.

En conclusion il est surprenant, dans une période où lidée
dun web sémantique (du pauvre) basé sur les tags des utilisateurs fait son chemin, de ne
pas trouver de services proposant des fonctionnalités plus avancées.
Il faut aussi noter la relative rareté des ces derniers
puisquà part les quatre testés ci-dessus nous nen avons découvert que Rel8r (http://rel8r.com), qui nindique pas clairement
ses sources. Quant à Gataga il est désormais fermé après une petite année dexistence.
Notons aussi que sur ces six services actifs deux ont été
mis au point par des français (et sont en langue anglaise) ce qui fait plutôt
une bonne moyenne au niveau mondial. La « vieille europe » ne
dépassera sans doute pas Google de si tôt mais il me semble que la place est
encore à prendre dans le domaine très porteur de la recherche de tags. Allez,
encore un effort !


Depuis la parution de cet article j’ai relevé l’existance des nouveaux moteurs de tags suivants:

Quatre moteurs pour attaquer la Tagosphère
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