Déc. 07 13

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De la fonction analgésique des folksonomies

Les folksonomies sont bien sûr un mécanisme qui permet d’enregistrer des pages pour mieux les retrouver mais elles sont aussi un système rassurant dans un univers numérique de plus en plus mouvant, une dernière digue que nous tentons de consolider jour après jour par notre entreprise de « colmataggage ». Nous persuadant que les pages que nous enregistrons nous seront utiles une prochaine fois alors qu’il n’y a presque jamais de prochaine fois.

Pourquoi ? Parce que dans un mois ou deux nous aurons découvert de nouveaux services encore plus performants que ceux déjà enregistrés. Aurons-nous le temps des les tester afin de choisir le meilleur? Peu de chances. Nous nous ferons un jugement « sur le tas », en lisant les avis des autres utilisateurs, en regardant le nombre de fois où elles ont été enregistrées dans del.icio.us,… Popularité contre autorité comme l’expliquait Olivier Le Deuff dans un autre article.

Mais également en lisant ceux qui, comme moi, passent du temps à tester ces services, à les comparer, à tenter d’en extraire la valeur ajoutée, et qui finalement se positionnent comme des intermédiaires/infomédiaires entre le produit et ses utilisateurs potentiels. Une nouvelle facette des métiers de la documentation en quelque sorte qui consiste à gérer dynamiquement des bibliothèques de logiciels (logithèques), des bibliothèques de services en ligne (comment les baptiser ?) et des bibliothèques de personnes susceptibles de savoir (pundithèques ?).

Au final nous adoptons ponctuellement un service jusqu’à ce qu’un autre, a priori meilleur, c’est-à-dire plus populaire, plus « reliable », plus ouvert émerge. Il n’est qu’à voir la migration actuelle des utilisateurs de (ou autres réseaux sociaux 2.0) vers Facebook (web 2.1 ?) pour s’en convaincre.

Ce qui est notable c’est le raccourcissement des délais entre chaque changement. Alors qu’il y a longtemps, au tout début du XXIème siècle, nous pouvions être fidèles à une application plusieurs années durant, leur multiplication, leur spécialisation et leurs améliorations permanentes, nous amènent aujourd’hui à en changer facilement. Par ailleurs la standardisation progressive des formats de fichiers fait que nous pouvons utiliser simultanément plusieurs applications similaires ou passer de l’une à l’autre relativement aisément, je pense par exemple aux services de « mind mapping » en ligne capables de lire les cartes réalisées par Mind Manager ou Freemind. C’est d’ailleurs une véritable gageure pour toutes ces entreprises (moins pour Freemind qui est gratuit) car comment fidéliser un client si tous les services finissent par se ressembler?

Sans doute nous dirigeons-nous vers une utilisation à la demande des solutions numériques mises à notre disposition, comme le prévoyait Jeremy Rifkin en 2002 dans « L’âge de l’accès ». Utilisation parfois réfléchie, concertée, parfois liée à des besoins précis (il me faut telle fonctionnalité) et parfois encore due au hasard ou presque : j’utilise telle plateforme collaborative parce que je la connais déjà, parce qu’elle offre actuellement XX Mo de stockage gratuit, parce que c’est la première que j’ai trouvé sur Google…

Finalement avec le web 2.0 nous vivons déjà la Singularité annoncée par Ray Kurzweil (enfin traduit!), une théorie essentielle à notre compréhension du futur, qui démontre que l’accélération du progrès est exponentielle et non linéaire, si bien que nous avons de plus en plus de mal à en prévoir les conséquences et à faire des choix informés. 

(téléchargez l'article intégral)

Commentaires

La révolution technologique de "masse" commence...

J'ai tilté sur "Ce qui est notable c’est le raccourcissement des délais" car le temps me manque pour mon pronostic en 2008...
On a presque tous fini par comprendre en 2007 que les internautes n'avaient plus le même - profil - que ceux des années précédentes, et le succés de l'ADSL et son y est pour beaucoup. Leurs moeurs et leurs attentes sont devenues similaires à la vie courante.

Je pronostique que en 2008 nous allons assister à des - mouvements de masse - sur le Web où les flots d'utilisateurs se déplaceront d'un (nouveau) service à l'autre à une vitesse spectaculaire. Bref, les nouveaux internautes vont faire du "zapping" avec le Web !

En devenant, enfin, un média "interactif" de - masse -, la révolution technologique va pouvoir commencer :o)

 


Olivier D. alias ze kat | Le Jeudi 13/12/2007 à 11:18 | [^] | Répondre


Re: La révolution technologique de

Non, quand je dis - révolution technologique -, ce n'est pas à la "singularité" que je pense... Pour moi, c'est quand l'Homme réel et "sa" machine ne font qu'un. Càd que l'on ne distingue plus de différence entre notre vie matérielle et nos activités via les technologies, notamment le Web. Que l'on ne fasse plus de distinction "qualitative" entre nos activités matérielles et celles que l'on qualifie encore aujourd'hui de "virtuelles".

La "singularité" est une abomination. A mon sens si une intelligence artificielle doit naitre, elle restera alimentée par le sang des Hommes. Un peu comme un réseau social qui est capable de vous faire des suggestions grace aux préférences d'autres personnes. Une IA - socialnetwork based - sera capable de surpasser le QI d'un homme, mais pas celui de l'Homme :op

 


Olivier D. alias ze kat | Le Vendredi 14/12/2007 à 13:04 | [^] | Répondre

Re: La révolution technologique de

Salut Olivier, désolé d'avoir mal interprêté ton message.
Je comprends tout à fait ton propos consernant la distinction réel/virtuel. L'un des paragraphe que je suis en train d'écrire pour un truc un peu plus conséquent qu'un billet s'appelle d'ailleurs "Le virtuel n'est pas rien" et doit montrer que le virtuel est maintenant aussi réel que ce que l'on nomme la réalité. Oui je sais c'est pas nouveau mais il faut bien le dire.
Je comprends qu'on puisse trouver le concept de singularité effrayant dans ses développements extrêmes mais avant cela c'est d'abord un concept qui permet de mieux comprendre les évolutions technologiques actuelles et de prendre conscience de cette incroyable accélération que nous sommes en train de vivre. Tu te rends compte qu'on peut envoyer des vidéos par téléphone et discuter en voyant son interlocuteur à l'écran (en tout cas au Japon). Quand j'étais petit (et toi aussi sans doute) c'était un truc que je voyais dans mes séries de SF préférées. Et je ne te parle même pas de mes parents nés alors qu'une grande partie des travaux des champs se faisaient encore avec des chevaux...

 


crid | Le Vendredi 14/12/2007 à 16:04 | [^] | Répondre

Re: La révolution technologique de

Il faut le dire, le re-dire, le répéter à outrance, voir même l'enfoncer de force dans les esprits. Aujourd'hui ce sont des responsables de SI et développeurs - à la traine - qui ne le comprennent pas... Ces arriérés n'ont rien vu venir :o| .oO(et restent cantonnés à de vieilles croyances désuettes)

 


Olivier D. alias ze kat | Le Vendredi 14/12/2007 à 16:33 | [^] | Répondre

Re: La révolution technologique de

Bien d'accord. D'ailleurs çà n'aide pas non plus pour çà

 


crid | Le Vendredi 14/12/2007 à 16:59 | [^] | Répondre

Re: La révolution technologique de

Et aussi, le Japon est en avance car sa culture ne diabolise pas les technologies, pour eux, les objets aussi ont une âme, et la relation Homme-Objet peut constituer une âme intégre.

Si tu te balade sur Flickr, tu découvrira qu'il y a des relation fusionnelles avec des petits robots ou des mannequins en latex. Pour ces personnes, ce ne sont pas des compagnons, mais une part indisociable de leur vie, une partie de leur âme et personnalité.

Un jour, on trouvera normal que des Hommes aillent au boulot avec un robot-compagnon du genre d'un lapin Tabaztag "mobile" qui jouera de la musique en accord avec ses goûts et dont les oreilles témoigneront de leur propre humeur :o)) .oO(vais m'offrir un E-Cat noir pour Noel)

 


Olivier D. alias ze kat | Le Vendredi 14/12/2007 à 16:52 | [^] | Répondre

Re: La révolution technologique de

Je ne sais pas si ce que tu dis là est plus ou moins inquiétant que la singularité ;-)

 


crid | Le Vendredi 14/12/2007 à 17:00 | [^] | Répondre

Est-ce seulement pour tester ?

Pour ce qui est de tester des applications, je souscris pleinement à votre constat à ceci près que l'on ne s'étonnera pas qu'aucun service moderne ne se tire une balle dans le pied en autorisant (facilement) l'extraction de ce que l'on y a mis. Le coût de sortie a de beaux jours devant lui.
Cela dit, les folksonomies ne s'appliquent pas qu'à l'évaluation des outils, mais aussi au marquage de contenus que l'on pense qu'il est utile de se garder sous le coude (dans un endroit et sous une forme aisément retrouvable). C'est aussi analgésique, ça se périme aussi vite, mais ça a le mérite de gagner du temps à la retrouvaille quand la chose se rappelle à votre bon souvenir. Tout n'est pas complètement perdu !

 


Alexis Mons | Le Vendredi 14/12/2007 à 22:20 | [^] | Répondre

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Perlesentoutgenre’s Weblog : "Vie, mort et résurrection d'un favori web 2.0 (3/5)"

 


Anonyme | Le Mardi 18/12/2007 à 11:15 | [^] | Répondre

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Outils Froids | Web-mining.fr : "De la fonction analgésique des folksonomies (2/5)RessourcesGestionBookmark - - la fonction analgésique des folksonomiesLes folksonomies sont bien sûr un mécanisme qui permet d'enregistrer des pages pour mieux les retrouver mais elles sont aussi u"

 


Anonyme | Le Lundi 28/01/2008 à 23:59 | [^] | Répondre

 

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