Déc. 07 13

Version imprimable L’avenir des favoris à l’ère du web implicite 1/5


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Je vous propose ce long article rédigé à mes heures perdues et dans lequel il est question entre autres choses de gestion de favoris, de folksonomies, de web implicite, mais aussi d'ossuaires numériques, de résurrection, de boules de flipper, de chasseurs-cueilleurs et de Vasco de Gama.

Prévu initialement comme un billet de quelques dizaines de ligne il a fini par dépasser les cinq pages Word. J'ai donc décidé de le scinder en cinq parties que je vous propose de découvrir dans les cinq billets qui suivent. Une telle symbolique des nombres devrait m'assurer de tirer de ce sujet la quintessence.
Si vous souhaitez disposer du texte sous la forme d'un seul fichier vous pouvez le télécharger au format pdf, c'est par ici.



L’avenir des favoris à l’ère du web implicite

A la lecture d'un très bon article d'Olivier Le Deuff consacré aux folksonomies j'ai sursauté aux propos formulés à leur encontre par l'architecte de l'information Louis Rosenfeld : "les folksonomies (...) ne favorisent pas la recherche et les autres types de navigation de manière aussi précise que des tags émanants de vocabulaire contrôlé par des professionnels".
Si cela est vrai, ce qui reste encore à démontrer, et même si l'exercice paraît inévitable, je crois qu'il n'est tout simplement pas pertinent de comparer les deux systèmes. Les folksonomies telles qu’elles ont été introduites par del.icio.us ou Flickr appartiennent en effet à une dimension temporelle qui n’est pas celle des taxinomies.

Comme l’anticipait Rafi Haladjian voilà quatre ans, nous glissons doucement mais sûrement vers une ère où la déconnexion sera à la fois exceptionnelle et volontaire, et les folksonomies sont tout simplement le système de classement qui accompagne cette transition.

La mort annoncée des favoris classiques

Dans un temps déjà lointain où le web n'était pas omniprésent nous nous constituions un répertoire de favoris directement adapté de la classification de Dewey. Nous disposions alors de suffisamment de temps pour peaufiner, optimiser et mettre à jour ce qui constituait pour nous, veilleurs, un véritable trésor de guerre, l'équivalent du carnet d'adresse des commerciaux. J'ai toujours le mien, conservé tel une relique dans son ossuaire numérique, le logiciel The Brain, et il est bien rare que je l'ouvre plus d’une fois par mois...

La multiplication des pages et des services web (2.0), ajoutée à l'accroissement de notre temps de connexion ont tué la gestion traditionnelle des favoris ; allons même plus loin, ils tuent à petit feu les favoris tels que nous les connaissons encore aujourd’hui. Parions que dans trois ans ces derniers seront à ranger sur la même étagère que le push de Marimba ou les aspirateurs de sites web.

Ce saut, rendu nécessaire par le passage d’un seuil quantitatif, a modifié nécessairement et définitivement notre façon de classer nos découvertes numériques : nous sommes passés d'une activité séquentielle, aux tâches précises et clairement identifiables, à une activité en mode flux dans laquelle nous nous intéressons beaucoup moins aux données ou fonctionnalités des pages que nous enregistrons, qu'aux métadonnées (si tant est qu'on puisse qualifier ainsi les tags) que nous leur accolons et qui doivent nous servir à les retrouver si nécessaire. Et j’insiste sur le « si nécessaire » car là se joue toute la différence. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous n’aurons peut-être jamais l’occasion de revenir visiter ces pages. Déjà lorsque l’on retrouve celles enregistrées il y a quelques mois dans notre compte del.icio.us c’est souvent une impression de confusion et d’obsolescence qui domine. D’ailleurs utilisons-nous vraiment nos répertoires de liens pour retrouver des pages? Je n’ai pas de chiffres à ce sujet mais rien n’est moins sûr. N’avons-nous pas plutôt tendance à refaire une petite recherche dans Google en pariant que nous obtiendrons plus vite la réponse, voir une réponse plus pertinente car mise à jour ? Nos répertoires de liens ne venant finalement qu’en appui d’un Google défaillant ou, plus sûrement, de requêtes mal posées.

 

Commentaires

Vive la bookmark-blogging !

Delicious et surtout* Yahoo! My Web, me permettent via ma Lifeline de faire du blogging pour publier et partager des critiques sur des sites que j'ai découvert :o) .oO(en attendant que Cluztr prenne la relève)

(*) My Web a l'avantage de ne pas avoir de limite pour la longueur de la description.

 


Olivier D. alias ze kat | Le Jeudi 13/12/2007 à 10:59 | [^] | Répondre

Votre constat sur le "bookmark problem" est le bon, cependant je ne suis pas d'accord sur la possible disparition des bookmarks classiques pour la principale raison que vous ne parlez que des favoris de services web 2.0. Qu'en est-il du deep web, celui qui n'est pas référencé par Google et consort, et qui représente pourtant près de 98% de la masse documentaire du Web, bien moins dynamique que la couche la plus visible et la couche sociale ? Quand je liste mes favoris, je constate que je ne pourrais pas retrouver la plupart à partir d'une recherche google, alors que je les aient sélectionnés pour leur contenu de qualité, indépendamment de leurs méta-données de référencement.

Je veux donc bien relever le paris, rendez-vous dans 3 ans

 


Sébastien Heymann | Le Jeudi 13/12/2007 à 11:27 | [^] | Répondre

Re:

Imaginons que demain vous perdiez tous vos favoris. En bon geek vous allez vouloir tester un outil du type de ceux que j'indique (ou que vous développez ;-). Dans quelques semaines vous aurez navigué sur tous vos anciens sites "deep web" et même un peu plus. Deux possibilités :

  1. vous aurez utilisé le bouton "add this page to my favorites" que proposent tous ses services afin de ne pas trop dépayser l'utilisateur en permetant de distinguer certaines pages de la masse
  2. vous aurez "joué le jeu" du clickstream tout en ayant auparavant précisé dans une ontologie "intelligente" le sens des mots-clés qui vous intéressent ainsi que leurs articulations respectives. Après une analyse automatique de leur contenu par le système toutes les pages visitées se retrouveront alors classées et vous pourrez les retrouver en 2 temps 3 mouvements (bien sûr).
Bon je sais le système que j'évoque dans la seconde option n'est pas encore intégré dans les services existants mais je l'ai déjà vu fonctionner sur d'autres outils alors pourquoi n'y arriverait-on pas dans quelques temps. Webbzle propose d'ailleurs qqchose d'intéressant allant en ce sens.
Je veux croire que l'informatique nous donnera les moyens de classer l'information d'une manière plus évolutive, plus "intelligente", plus inductive aussi que ce que nous faisons depuis quelques années déjà avec les favoris.
3 ans .... :-)

 


crid | Le Vendredi 14/12/2007 à 18:00 | [^] | Répondre

Lien croisé

en français » , une nouvelle façon de mettre des sites e : "Commentaire de Christophe Deschamps — 30 janvier 2008 @ 11:35 am Un outil de plus à ajouter à la liste : http://www.outilsfroids.net/news/l-avenir-des-favoris-a-l-ere-du-web-implicite-1-5"

 


Anonyme | Le Jeudi 31/01/2008 à 17:18 | [^] | Répondre

 

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